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Les soins

Les 4 premières semaines se dérouleront à l’hôpital de zone de Comé où nous allons tourner dans 3 services différents : Urgences, pédiatrie-médecine, bloc opératoire-soins intensifs-chirurgie. Après cela nous irons 1 semaine dans un orphelinat où nous profiterons de faire des journées de soins gratuits grâce aux dons que nous avons récolté. Puis, nous terminerons par une semaine dans le dispensaire de l’association Feed Needs.

Comment vous dire…  Malgré nos cours sur le choc culturel, notre préparation psychologique et notre grande ouverture d’esprit les premiers contacts avec les soins furent quelque peu surprenant pour ne pas dire choquant.

Notre arrivée sur « nos lieux de stage » ne semblait pas vraiment avoir été préparée par les responsables de l’hôpital. Après une brève présentation par le directeur adjoint nous avons été répartit dans les différents services. Nos premiers contacts avec ce nouveau monde furent assez difficiles.

Pour commencer le système de soins est vraiment très différent du notre. Voici comment les tâches sont répartie au sein de l’hôpital : Les soins de nursing sont pris en charge par les membres de la famille. En effet, chaque patient a avec lui un ou plusieurs « garde malade ». Ces derniers restent à l’hôpital tout au long de l’hospitalisation et se chargent de tout ce qui concerne les soins d’hygiène, l’approvisionnement en nourriture et en matériel médical. Les aides-soignants, qui n’ont pas de formation à proprement dit, font les soins techniques comme les prises de sang, les injections, les pansements, les poses de voies veineuses périphériques, etc. Les infirmiers font également quelques soins lorsqu’ils ont le temps, autrement, ils s’occupent principalement de faire des diagnostics ainsi que des prescriptions médicales et de l’administration. Quant aux médecins, lorsqu’ils sont présents, ils se chargent de faire certaines consultations.

Les soignants travaillent en garde de 24h qui se transforment régulièrement en 48h dû au manque de personnel. Il n’est donc pas rare de les voir dormir à tout moment de la journée.

Les services ne sont pas dotés de matériel en dehors de quelques gants, de compresses non stériles (qu’ils stérilisent grâce à un autoclave) et d’un peu d’alcool. Lorsque le patient arrive, l’infirmier dresse une ordonnance de tout le matériel nécessaire: traitements, seringues, aiguilles, tubulures, etc... Le garde malade doit alors réunir l’argent nécessaire pour acheter tout cela en pharmacie. Cette étape peut parfois prendre beaucoup de temps et pendant cette période, aucun soin n’est effectué au patient. Il arrive également que la famille n’aie pas les moyens de tout acheter et doit donc choisir entre, par exemple, un antibiotique et un antalgique car ils ne peuvent pas acheter les 2. Il nous est arrivé de voir des malades rester plusieurs jours sans aucun traitement, ni soins, et de finir par aller leur acheter nous même le matériel par peur de les voir mourir sous nos yeux.

Il existe de plus une catégorie de patient qui est nommée «évadé». Ce sont les patients qui sont admis dans un service mais qui n’ont pas les moyens ou pas l’envie de dépenser de l’argent pour leur hospitalisation. De ce fait ils attendent d’avoir le diagnostic et les ordonnances de base pour rentrer à domicile contre avis médical.

Chaque journée d’hospitalisation est facturée quotidiennement. Elle dépend du service mais varie entre 4 et 10 CHF (à titre d’exemple, le salaire d’un infirmier d’état est de 180 CHF/mois).

Les soignants ont dû s’adapter à ces problèmes financiers, par exemple, lorsqu’ils doivent mettre une voie veineuse et qu’ils n’y arrivent pas du premier coup, ils réutilisent le même venflon plusieurs fois (parfois plus de 10 fois). Ou encore, ils utilisent 1 seule seringue pour toute l’hospitalisation. Tout le système est basé sur une économie du matériel maximale, non pas qu’il n’y ait pas de matériel au Bénin mais parce que chaque petit « objet » est à la charge de la famille.

Nous avons pu remarquer que les patients arrivent régulièrement à l’hôpital dans un état pathologique très avancé. C’est-à-dire qu’ils attendent le dernier moment avant de consulter et nécessitent donc des traitements souvent lourds. Le plus grand fléau que nous rencontrons est la Malaria. Chaque jour plusieurs enfants sont admis aux urgences dans un état semi-comateux et nécessitent des transfusions sanguines en urgence. En dehors de cela, quelques accidents de la route et autres maladies, mais le Paludisme englobe environ le 80 % des hospitalisations. Une autre grosse partie de l’hôpital est réservé à la maternité. Malheureusement nous sommes témoins d’une recrudescence d’accouchement par césarienne. En effet, dans ce petit hôpital on dénombre plus de 90 césariennes par mois et environ 50 accouchements par voies basses. Les soignants expliquent ce phénomène de deux manières. Tout d’abord par le fait que les femmes passent souvent toute leur grossesse sans faire aucun contrôle et se présentent à la maternité quelques heure avant d’accoucher avec des problèmes de décollement placentaire, d’éclampsie et autre. La deuxième raison concerne les frais d’hospitalisation car la césarienne est financée par le gouvernement alors que les accouchements par voies naturelles sont facturés au patient.

En ce qui concerne la barrière de la langue qui est certes présente, il n’est pas rare de trouver parmi tous les garde-malades une personne qui parle bien le français et qui peut nous servir d’interprète. En tout les cas, nous développons fortement notre langage non verbal et le contact avec les patients et leur entourage se fait généralement très bien. La collaboration avec ces derniers est chaleureuse.

Ce qui nous marque le plus concerne le contact entre les soignants et les patients. Lors de notre formation nous avons appris les principes de respect, d’empathie et d’écoute, choses qui ne semblent pas être pratiques courantes dans cet hôpital de Comé. Il est vrai que dans notre pratique en Suisse nous essayons de former un partenariat avec le patient alors qu’ici les soignants font leurs soins et ne se soucient pas vraiment du bien-être global du patient. Le système ici est 100% dans un courant bio-médical. Nous avons tout les 4 choisis ce métier car nous sommes empreint du souci d’autrui. Les interactions soignant-soigné et les aspects relationnels sont des points sur lesquels nous mettons beaucoup d’importances, alors qu’ici pas du tout. Le respect et l’empathie sont pour nous des valeurs essentielles et nous sommes parfois témoins de scènes qui vont totalement à l’encontre de ces dernières.

Pour vous donner un exemple, nous avons assisté à une césarienne où l’enfant n’a pas survécu. Pendant l’intervention les chirurgiens et la sage-femme s’esclaffaient de rire, se racontaient des blagues et écoutaient de la music en mettant ce petit corps inerte dans un sac de poubelle. A aucun moment ils ne se sont souciés de la souffrance de cette mère qui venait de perdre son enfant. Ce fût un moment très difficile pour nous, nous avons même du quitter la salle tellement cette situation nous outrait et nous mettait mal à l’aise par rapport à cette femme.

Notre accueil au Bénin

L’accueil (31.05.14)

Après 10 heures de voyage nous atterrissons à Cotonou, la capitale économique du Bénin. Nos premiers pas dans ce pays sont accompagnés d’une chaleur étouffante. Après quelques formalités administratives et les retrouvailles avec nos 17 valises nous sortons de l’aéroport accompagnés de 3 étudiantes infirmières de Delémont qui effectuent également un stage avec Feed Needs. A la sortie, une bonne centaine de personnes attendaient et parmi eux un homme avec une pancarte FEED NEEDS. Cette vision fût pour nous une réelle délivrance. C’était Lazare accompagné de «Maman Jeanne », 2 employés de l’association. Après avoir passé 1 heure à tenter de faire rentrer 23 valises et 10 personnes dans 2 voitures nous sommes partis en direction du QG de l’association. Deux vessies pleines et 170 tonnes de CO2 inhalés plus tard nous arrivons dans une superbe maison. Nous sommes, en effet, très étonnés du confort que nous y trouvons : eau courante, bidet de toilette et matelas, nous nous étions préparés au pire !

1ère journée

Après une bonne nuit de sommeil ainsi qu’un petit déjeuner copieux : pain toast, confiture, « nutella », café et thé, nous nous sommes rendus au dispensaire afin d’y rencontrer Natacha, la doctoresse et Justine l’infirmière qui va nous suivre pour les stages. Sur les cinq minutes de routes qui sépare la maison de l’association du dispensaire, une vingtaine d’enfants nous ont fait leurs plus beaux sourires, en s’exclamant : « Yovo, yovo ! » ce qui signifie « L’homme Blanc ». L’accueil au dispensaire fût si chaleureux que nous en avions la larme à l’œil.

En rentrant, nous avons été « baptisés » avec des noms locaux : Maissa a été ainsi nommée « Akwefa » qui signifie « la paix au foyer », Naema « Kekelly » qui signifie « la lumière », Selim « Finagnon » qui signifie « où il y a la paix » et Boris « Djidjoulé » qui signifie « celui qui amène la joie ». Puis, nous avons eu droit à un cours de Fon, la langue nationale. « Bonjour » se dit « A fon an », « Comment t’appelles-tu ? » se dit « Nin anonyii » et « Merci » se dit « Awanou »…

Après avoir pratiqué le Fon, nous sommes partis pour la « Venise de l’Afrique » ou Ganvié. Nous avons quitté les routes tortueuses de Cotonou pour une pirogue confortable afin de voguer au gré des flots. Quelques kilomètres plus tard nous arrivions dans ce magnifique village sur pilotis. Un paysage magnifique rempli d’habitations qui ne s’atteignent que par la voie marine.

2ème journée 

Lever de bon matin car le médecin doit venir voir le matériel que nous avons apporté et, ainsi, nous dire ce qui ira pour le dispensaire et ce qui sera plus utile à l’hôpital.

L’après-midi, départ pour Ouiha, où se trouve le temple préféré de Naema, le temple des pythons… Une visite remplie d’histoire et de culture qui se termine, pour ceux qui le pouvaient, par un petit câlin avec les pythons sacrés. Pour continuer dans notre découverte du pays, nous avons alors pris la routes des esclaves, accompagnés d’un excellent guide qui a su nous faire revivre le calvaire de ces prisonniers de l’époque.

 

3ème journée

Matinée 100% administrative, enregistrement aux diverses ambassades change de monnaie, achat de cartes téléphoniques, …

Nous partons alors en direction de Comé, la ville ou se trouve l’hôpital de zone qui va nous recevoir pour les 4 premières semaines de stage. Sur place, nous rencontrons notre famille d’accueil : Brigitte, Rodolphe, leur 3 enfants (1,3 et 6 ans) et leur 2 nièces. Des personnes vraiment charmantes qui nous mettent tout de suite à l’aise et qui nous invitent à sortir, découvrir la « Béninoise en bouteille », une « petite » bière du pays.

 

Remerciements

Afin de donner corps à nos projets, nous avions demandé une aide financière et matérielle aux personnes de notre entourage ainsi qu'à diverses institutions. Grâce à la généreuse contribution de tous, nous avons pu récolter :

- Des habits pour enfants de tout âge

- Du matériel scolaire: crayons, livres, cahiers, ...

- Des jeux

- Du matériel de soins : stéthoscopes, gants, compresses stériles, seringues, attelles, biberons, ....

- Des traitements : antalgiques, antibiotiques, antipyrétiques, ...

- Des habits de travail 

- De l'argent : 1100 CHF

- Ainsi que 4 valises supplémentaires gratuites afin de transporter tout ce matériel.

Votre soutient dans notre projet est inconsidérable et nous tenions à vous témoigner toute notre reconnaissance. Nous nous engageons formellement à faire usage de tous ces dons de manière judicieuse et professionnelle. 

Nos sincères et chaleureux remerciements à nos familles, amis, collègues, voisins, connaissances et ainsi qu'à toutes les institutions suivantes:

- Air France

- Hôpital Neuchâtelois

- NOMAD La Chaux-de-Fonds

- Fondation la Résidence, le Locle

- Home le Temps Présent, la Chaux-de-Fonds

- Clinique de la Tour, la Chaux-de-Fonds

- Centre de transfusion, la Chaux-de-Fonds

- Pharmacie de la gare, la Chaux-de-Fonds

- Pharmacie de la gare, Neuchâtel

- Pharmacie Pillonel, la Chaux-de-Fonds

- Pharmacie Amavita, la Chaux-de-Fonds

- Blanchâtel, la Chaux-de-Fonds

Nous en profitons pour remercier la Haute Ecole de Santé Arc qui nous permet de vivre une telle expérience ainsi que tous nos professeurs et autres collaborateurs pour leur soutien dans notre démarche.

Un grand merci également a tous les membres de l'ONG Feed Needs pour leur investissement dans l'organisation de notre stage.

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